Urgence POLT... la suite: La CNR écrit au Ministre

Publié le par Convergence Nationale Rail

La CNR vient d'envoyer au Ministre des Transports

 la lettre suivante:

 

 

 Monsieur le Ministre,

 

Un certain nombre de nos collectifs adhérents nous ont fait part dernièrement de la stupéfaction et de la colère qu’a provoquée le courrier, émanant de vos services sous la signature de Monsieur Daniel BURSAUX, en date du 25 janvier 2013, adressé aux collectivités membres du comité des financeurs des études de la LGV Poitiers –Limoges.

Ce courrier demande ni plus ni moins à des élus de faire un choix entre la ligne classique dénommée POLT et le barreau TGV Poitiers –Limoges, en exigeant de leur part une réponse dans des délais contraints.

Cette adresse, sous forme d’injonction, pose manifestement des questions, tant sur la forme que sur le fond.

  Comment comprendre et accepter le fait que l’on demande à des élus de sacrifier en partie une ligne classique dont l’utilité est avérée, au profit d’une hypothétique ligne LGV, considérée non rentable par vos services, au moment où la mission d’évaluation du Schéma National des Infrastructures de Transports (SNIT) n’a, semble-t-il, pas encore rendu son avis!?

Nous rappelons que cette mission a aussi pour objectif d’évaluer la hiérarchisation des projets LGV.

D’autre part, la démarche de Monsieur BURSAUX, Directeur Général des Infrastructures, des Transports et de la Mer (DGITM) vient en opposition aux engagements pris par l’actuel gouvernement de privilégier la maintenance et la modernisation des lignes ferroviaires classiques.

RFF n’a-t-il pas annoncé qu’il investirait 63 millions d’euros pour rénover la ligne POLT?

 

Le choix que semble vouloir imposer aux élus la DGITM est de nature à opposer les populations et les territoires. C’est là un mauvais calcul que nous entendons dénoncer.

Lorsque l’on parle de construction d’une nouvelle ligne ferroviaire, a fortiori une Ligne à Grande Vitesse (1 km de LGV: 20 millions d’euros, contre 1 million pour 1 km de ligne classique!) on doit répondre à un certain nombre de questions, du type:

À quels besoins cela correspond-il  en termes d’aménagement du territoire, de transport de voyageurs et de marchandises, de développement économique régional; des activités industrielles, de l’emploi, du maillage du réseau et de la cohérence territoriale?

Il convient également de poser dans le débat et en premier lieu ce qui peut être fait en termes d’amélioration des lignes existantes, voire à la réouverture de certaines lignes.

C’est à partir de ce cadre, porté par un large débat public démocratique que l’on doit examiner la pertinence des projets en présence.

A ce titre, la CNR partage l’action engagée par l’Association URGENCE PARIS –ORLEANS –LIMOGES –TOULOUSE (POLT) qui pousse des propositions argumentées, constructives, ancrées dans l’intérêt général et qui permettent de rendre plus attractives encore les régions traversées.

Ces propositions répondent aux besoins du plus grand nombre, s’inscrivant dans un aménagement équilibré, harmonieux du territoire, pilier d’une véritable politique de développement durable.

C’est pourquoi la CNR souhaite relayer auprès de vous les exigences qui montent des territoires portant le refus de voir siphonner, atrophier, donc sacrifier à terme la ligne classique PARIS –ORLEANS –LIMOGES –TOULOUSE.

Tout au contraire, et comme le revendique l’Association POLT, il y a urgence à relancer le processus de promotion de cette ligne classique en la modernisant pour mieux répondre aux besoins des usagers, des populations et des territoires.

Vous l’aurez compris, Monsieur le Ministre, nous vous demandons de déclarer caduque la démarche initiée par la DGITM.

Dans l’attente de vos nouvelles, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos sentiments respectueux.

 

Le Bureau de la CNR

Patrick DELFOSSE –Président

Didier LE RESTE –Vice-président

Pierre MENARD –Secrétaire

Véronique DRUKMAN –Secrétaire adjointe

Vincent JOUILLE–Trésorier

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