L'intervention du Comité Pluraliste pour la ligne Paris-Clermont-Neussargues-Millau-Béziers au rassemblement du 5 octobre 2019

Publié le par Convergence Nationale Rail

Intervention de Jacky Tello

Gare de St Chély samedi 5 octobre 2019

 

Tout d’abord, je tiens à vous remercier très sincèrement d’être présents en gare de St Chély.

Je remercie M. JF Laffont, 1er Adjoint au Maire de St Chély ainsi que les Adjoints également présents, M. Alain Astruc Maire d’Aumont et Conseiller départemental de la Lozère, Mme Patricia Roches Maire de Coren et animatrice de la sauvegarde du Viaduc de Garabit, tous les élus, responsables associatifs et syndicaux, responsables politiques dont Serge Gayssot secrétaire départemental du PCF de la Lozère.

Prévu initialement le samedi 31 août, nous avons dû le reporter parce que nous n’avions aucune garantie de circulation des trains ce jour-là.

Comme à son habitude, les Directions SNCF suppriment tous les trains sur les lignes du Massif Central pendant les périodes de travaux. Et comme par hasard, ces travaux ont toujours lieu en pleine saison estivale. Pour la ligne Béziers-Neussargues, la période s’étalait du 6 juillet au 31 août. Ces travaux se situaient au Nord de Millau. Que croyez vous que fit la SNCF ? C’est de supprimer « l’Aubrac » seul train faisant le bout en bout de Béziers à Neussargues. Il eût été beaucoup plus profitable, intelligent et utile qu’il circule au moins jusqu’à Millau. Aucun des travaux ne se situait sur cette section de ligne. Mais la logique et le bon sens populaire ne sont plus de mise dans cette entreprise ferroviaire au passé glorieux et générateur de progrès social. Le pire est à craindre. En effet, à partir du 1er janvier 2020, la SNCF va être découpée en quatre entités autonomes, sous forme de Société Anonyme à capitaux publics. Les seuls objectifs de ces sociétés seront les résultats financiers.

La consistance du réseau ferroviaire, sa cohérence, son utilité, l’intérêt général vont prendre une sacrée secousse. Issue de la réforme ferroviaire votée en 2018, cette perspective est due au vote de parlementaires dont le dogmatisme libéral l’a emporté sur les raisons de l’intérêt général. Leur responsabilité est lourde car s’il y a un département qui va subir très directement les conséquences négatives, c’est celui de la Lozère. Le réseau ferré Lozérien est en « Danger de péril immédiat ».

Aucun investissement significatif de la part de SNCF réseau n’est envisagé en Lozère. Quelques « mètres » de voies seront entretenues parce qu’il faut calmer les esprits…

Est-ce pour cela que notre premier ministre, Edouard Philippe, devant des évidences et des mécontents a déclaré, dans la presse au cours d’une interview il y a 1 an, que « l’Etat mettrait 250 millions d’euros en 10 ans sur la ligne Béziers-Neussargues ». A ce jour, ni l’Etat, ni SNCF Réseau ont financé quoi que ce soit.

Les Directions SNCF vont être tentées, pour la Lozère, de prendre la même décision que pour Rodez- Séverac : une fermeture préventive pour des raisons de sécurité. Si rien n’est fait, si rien ne bouge, les Etablissements scolaires privés et publics de la Lozère en seraient fortement impactés. Comment comprendre que les parents soient obligés d’accompagner leurs enfants en voiture avec des distances de plus de 500 km aller-retour pour la majorité d’entre eux. Ils n’inscriraient plus leurs enfants dans les établissements scolaires enseignant des spécialisations notamment l’hôtellerie, la restauration, les métiers de l’agriculture. Remplacer les trains par les bus comme solution de substitution à la voiture et au train ?

Les derniers incidents avec les autocars où des enfants ont été oubliés n’incite pas à aller dans ce sens. Ce qui a valu dare-dare à la Direction SNCF de remettre les trains scolaires sur les rails, si je puis dire.

Oui, il y a urgence à moderniser l’infrastructure ferroviaire entre St Laurent d’Olt et Loubaresse, soit toute la traversée de la Lozère. Il en est de même de Marvejols à Mende-La Bastide ou sur la ligne du Cévenol où beaucoup reste à faire.

Nous demandons au Préfet coordinateur du Massif Central de réunir toutes les parties concernées (Etat, SNCF Réseau et Mobilité, Collectivités Territoriales, Associations de Défense, Organisations syndicales, élus du Massif Central…) pour débattre et mettre en place un véritable plan ferroviaire du Massif Central financé par l’Etat, pour remettre à niveau les infrastructures ferroviaires.

La ruralité a besoin des services publics et de son train. L’Etat doit jouer son rôle pour les solidarités territoriales.

Au moment où la jeunesse s’empare de son avenir, lutter contre les dérèglements climatiques nécessite des actes concrets immédiats. Elle dit « Assez de discours » !

Irions-nous à l’encontre du sens de l’histoire laissant aux générations futures une extinction programmée de l’humanité, de l’être humain sur notre planète ?

Quoi qu’on en dise, quoi qu’on en parle, le train est le moyen le plus moderne, le plus écologique. C’est un mode de transport qui consomme le moins d’énergie, d’espace, aménageur des territoires avec une vie autour des gares.

Oui, la ligne Béziers-Neussargues, sa réhabilitation, son modernisme, le rail, le service public sont des idées modernes. Nous les portons depuis 25 ans avec le Comité Pluralistes contre vents et marées. Nous sommes en phase avec l’Humain, son avenir, sa place dans la société. Pour preuve, l’existence de nos propositions qui sont inlassablement répétées pour le transport ferroviaire marchandise.

Comment peut on prétendre défendre le climat lorsqu’on tue à petit feu les lignes de dessertes fines du territoire. Le transport marchandise ne serait-il uniquement valable que pour les grands transits internationaux ? le maillage ferroviaire, encore à élargir, tout le réseau y compris celui des dessertes fines du territoires ne pourraient-ils pas servir à remettre sur rail les marchandises ? Evidemment il faut aller résolument vers d’autres schémas de transports, d’autres lieux de vie, une autre façon de produire, privilégier les liens sociaux, bref mettre au cœur de notre société l’Humain et pas la finance.

Le réseau ferroviaire représente un formidable outil industriel. Il est au service de l’emploi. C’est le cas pour l’usine ArcelorMittal à St Chély dont sa pérennisation et le maintien des emplois directs et induits passe immanquablement par la poursuite des dessertes ferroviaires. Si on élargit les réflexions, ces dessertes doivent être également possibles vers le sud de la ligne. L’aéronautique, l’aérospatiale, la fabrication de moteurs électriques pour les voitures ont besoin des aciers spéciaux d’ArcelorMittal St Chély. L’interconnexion entre les sites de production, le recyclage, les produit finis sont illustrés de façon concrète par la relation ferroviaire St Chély-Séverac-Rodez-Toulouse. La liaison ferroviaire de la Préfecture de la Lozère Mende à la capitale régionale Toulouse par train est une évidence. Renoncer au ferroviaire c’est mettre, après les camions à la queuleuleu, des autocars « Low Coast ». Un mode de transport pour les pauvres et un autre plus « class » les TGV pour les riches.

Le train « Aubrac » symbolise cette solidarité nationale de notre pays entre les territoires, entre les villes et la ruralité, entre les hommes et leurs territoires. Il y a la volonté du Conseil Régional Occitanie de poursuivre son intervention financière afin que ce train inter cité continue d’exister pour symboliser le réseau ferré national. C’est cette démarche qui a été entreprise par la Présidente Carole Delga ainsi que par Jean-Luc Gibelin, Vice-président en charge des transports et des infrastructures.

 

*Lecture du message de soutien de Jean-Luc Gibelin au rassemblement citoyen « pour que vive le train en Lozère ». (voir annexe 1)

 

A ce jour, il n’y a aucune réponse de l’Etat sur « L’Aubrac ».

Tout mon propos illustre comment la SNCF, issue d’une nationalisation en 1937, des réseaux privés après leurs faillites, le rôle historique des cheminots pendant la résistance (guerre 1939-1945), leurs contributions à la reconstruction du Pays, la renaissance de la SNCF en 1982, un début de détricotage de la SNCF en 1997 avec la création de RFF, la séparation de fait des activités ferroviaires pour arriver en début de janvier 2020 à la création de quatre sociétés anonymes pour nourrir des actionnaires financièrement, suit la courbe d’évolution d’une société dans une fuite en avant qui déstructure un tissu construit pour des solidarités, pour un contrat social de progrès qui placent l’Humain et notre Planète au cœur de cette évolution.

 

C’est donc en terme de reconstruction d’un service public que la question est posée.

Toutes nos initiatives, nos propositions s’inscrivent résolument dans cette reconstruction.

Il y a plusieurs urgences à traiter :

1- l’Aubrac doit rester intercité. Il appartient à l’Etat sans délai de se prononcer sur son intention. Je vous propose que toutes les collectivités territoriales, locales, intercommunales, départementales par voie de délibération, interpellent Sous-Préfet, Préfet, Ministre pour manifester leur volonté que l’Etat reconduise financièrement la convention.

2- L’état de l’infrastructure ferroviaire en Lozère reste très préoccupant.

Nous envisageons une initiative à Mende (train spécial) en souhaitant que le Conseil Régional Occitanie copartage notre initiative. A voir et à suivre comment on peut faire. Juste un rappel pour

confirmer l’engagement total et solidaire du Conseil Régional Occitanie sur la ligne Béziers-Neussargues. En plus des sommes déjà engagées, le Conseil Régional a crédité 19 millions d’euros

pour des travaux sur la ligne. Là aussi, SNCF Réseau et l’Etat ne peuvent rester muets. Cette initiative à Mende rappellera le rôle régalien que doit assurer l’Etat pour garantir un aménagement équilibré du territoire.

3- A la demande de nos amis et camarades cheminots CGT de Millau, de Rodez et de Capdenac, nous coorganiserons une initiative en gare de Rodez, rassembleuse et déterminée, pour que les travaux débutent sine qua non pour que les trains recirculent le plus tôt possible. Assez de tergiversations de la part de SNCF Réseau et de l’Etat.

4- Nous allons éditer « une plaquette spéciale jeune ». Notre aventure, nos propositions sont au cœur des exigences de notre jeunesse d’aujourd’hui pour le climat. Cette plaquette surprendra à plus d’un titre et portera la modernité de notre combat.

5- Nous allons réfléchir comment fêter nos 25 ans d’existence en juillet 2020 à Marvejols du Comité Pluraliste et de notre lutte.

J’ajoute que le Comité pluraliste vient de mandater Jean-Claude Gayssot, ancien Ministre des Transports, pour défendre et promouvoir les propositions du Comité Pluraliste auprès du nouveau Secrétaire d’Etat, aux Transports ce mardi 8 octobre. Nos propositions concrètes s’inscrivent pleinement dans un report modal de la route vers le rail.

 

*lecture « urgences à traiter pour éviter la fermeture de la ligne » que Jean-Claude Gayssot défendra devant le Secrétaire d’Etat aux Transports, ce mardi 8 octobre. (voir annexe 2)

 

Amis et camardes, pour terminer, comme vous le voyez, le ton est à l’offensive. Nous ne lâcherons rien car, nous respectons les générations actuelles et celles à venir. N’hésitons pas à continuer à nous engager résolument, toujours à rassembler plus et mieux et ainsi nous créerons les conditions de la reconstruction d’un grand service public ferroviaire. Je vous remercie de votre attention.

 

 

Le Président du Comité Pluraliste

Jacky Tello

Annexe 1 : le message de soutien de Jean-Luc Gibelin

Annexe 2 : les propositions immédiates du Comité Pluraliste

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